Sujet Dissertation Apologue Podcast

Sujet : En vous appuyant sur votre connaissance des textes, vous direz si l’Apologue vous parait avoir seulement pour but de charmer le lecteur en le plongeant dans un univers onirique ou s’il doit l’instruire en lui ouvrant les yeux.

Analyse du sujet

1) Il faut repérer les mots du sujet qui posent problème
 charmer
 onirique
 les liens logiques : charmer ou instruire
 les modalisateurs : seulement
2) lister et classer toutes les formes d’apologues vus ; nous pourrons ainsi distinguer des apologues très nets :
 Fables de La Fontaine
 Paraboles Bibliques
mais aussi des formes plus longues :
 Contes de Voltaire
 Romans :La Nouvelle-Héloïse ;L’Alchimiste etc.
ou bien des textes plus proches de la Nouvelle moderne :
 M.Palomar d’Italo Calvino
 La demeure d’Asterion de Borges.

Quelques réflexions en vrac pour nous conduire à notre plan :
"charmer" ; "onirique", termes forts nous renvoyant explicitement aux merveilleux mais tous nos apologues ne relèvent pas de ce genre.
Donc nécessité de les prendre peut-être dans le sens plus faible de "plaire" voire de "susciter l’intérêt"...
nous tombons alors dans la subjectivité du lecteur ce qui pose d’autres questions...
Mêmes interrogations pour "instruire", terme assez différent "d’ouvrir les yeux".

Il faut réfléchir mais dans le temps limité que vous aviez, vous ne pouviez tout dire ; il faut donc trancher et éliminer mais en gardant le sens de la nuance et de la concession.
D’où notre plan :

PLAN

Ia) Il semble donc assez difficile de considérer que des apologues visent à charmer ,et à nous plonger dans un monde onirique si ce n’est
 ceux qui recréent un monde merveilleux :Les 1000 et 1 nuits
 ou , à la limite les utopies :
L’Eldorado de Voltaire encore que...un peu sec ?
Le monde parfait de la Nouvelle-Héloïse encore que un peu mièvre ?
Ib) Mais plaire, susciter l’intérêt:certes
 La Fontaine : Les Obsèques de la Lionne
_art du récit (rythme des vers,jeux des discours)
recours au monde des animaux
 Borges : susciter la curiosité du lecteur(récriture d’un mythe)
 Calvino : sujet racoleur ; instinct de voyeurisme du lecteur
Transition : S’ il est difficile de dire que l’apologue cherche toujours à "charmer" le lecteur et à le plonger dans un monde onirique, il est avéré qu’il cherche à provoquer un vif intérêt du lecteur.Mais alors, dans quel(s) but(s) ?
IIa) Très nettement certains apologues ou romans à valeur apologétique sont porteurs de morales et leçons explicites
 Vrai pour les paraboles de J.C.
 Vrai pour les fables de La Fontaine.
 Vrai pour la plupart des apologues du

IIb) Par ailleurs, pour les apologues modernes, ce n’est pas aussi net :
 Borges : réflexions plus vagues sur le mythe : des interrogations plus que des réponses.
 Calvino : dénonciation du voyeurisme, certes mais aucune leçon n’est tirée...

CONCLUSION

Par-delà la multiplicité des genres et des formes, l’apologue semble bien avoir toujours pour but au moins de susciter l’intérêt du lecteur pour éveiller sa curiosité intellectuelle.Les mots "charmer" et "instruire" sont peut-être un peu forts dans notre monde moderne où les morales explicites semblent se faire plus discrètes.Le genre n’en reste pas moins bien actif dans les écrits des Calvino, Daeninckx ou autres nouvellistes.

INTRODUCTION

(au moins un début...)
Parmi les genres littéraires, rien de plus difficile que d’approcher une définition de l’apologue . Multiplicité des formes, limites très floues, ces récits à visée argumentative soulèvent bien des questions ; ainsi peut-on se demander "si l’Apologue [...] parait avoir seulement pour but de charmer le lecteur en le plongeant dans un univers onirique ou s’il doit l’instruire en lui ouvrant les yeux . "Question bien gênante en ce qu’elle semble établir une dichotomie très nette entre "charmer" et "instruire", ("charmer" ou "instruire" ?), opposant ainsi merveilleux, rêve et instruction, éducation...(là, il vous reste à définir la problématique et à introduire le plan...)

Quel sujet pourrait tomber le jour J ? Nous avons demandé à des professeurs de français de proposer des intitulés de sujets et de rédiger des corrigés (plans détaillés). Entraînez-vous en conditions réelles et vérifiez, ensuite, si vous auriez vu juste !

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Le sujet

L'apologue est-il vraiment destiné aux enfants, comme on a tendance à le dire pour les contes de fées ? Vous appuierez votre réflexion sur les textes et les œuvres que vous avez étudiés en classe ou rencontrés dans vos lectures personnelles.

Le corrigé

Introduction

L'apologue se définit comme un récit à visée morale. Les Grecs considèrent Ésope, auteur du VIe siècle avant J.-C., comme son inventeur avec le genre de la fable. Ce genre argumentatif existe en fait dans toutes les cultures. L'œuvre Kalila et Dimna, recueil de contes, en atteste pour la littérature arabe. Son auteur, Ibn al-Muqaffaa, au VIIIe siècle, aurait traduit des apologues indiens pour éduquer un prince. Cette volonté de plaire et d'instruire devient un principe du classicisme au XVIIe siècle. La Fontaine dédie ainsi les premiers livres de ses Fables au dauphin, alors âgé de sept ans. Mais l'apologue est-il vraiment destiné aux enfants ? Ce public est-il le plus à même de comprendre le message transmis par le récit ? Il est vrai que l'apologue apparaît comme un genre adapté aux plus jeunes. Cependant, il convient mieux aux adultes.

I – Certes, l'apologue semble destiné aux enfants

A – Un récit simple et plaisant qui répond au goût des enfants pour les belles histoires.

L'histoire domine en occupant la plus grande partie du texte. La simplicité provient d'un schéma narratif clair et de la présence d'un héros dont la quête est l'élément essentiel du récit. Exemple : Perrault, Contes de ma mère l'Oye (1697) "Le Petit Poucet" -> Le jeune lecteur suit les aventures du cadet de cette famille pauvre, de son abandon par ses parents en forêt à sa réussite grâce aux bottes de sept lieues volées à l'ogre. Il peut aisément s'identifier au personnage.

B – Le registre merveilleux

L'auteur met en scène un monde merveilleux. Le surnaturel est présent à travers les personnages comme les animaux personnifiés ou encore les êtres irréels dotés de pouvoirs magiques. Exemple : La Fontaine, Fables (1668), "La Cigale et la Fourmi" -> La cigale apparaît comme une artiste qui s'est consacrée à sa passion en oubliant ses besoins vitaux, tandis que la fourmi représente une personne avare mais prévoyante. Ces deux personnages dialoguent, la fourmi brille par son sens de la repartie lorsqu'elle claque la porte à la cigale, l'invitant à danser après avoir chanté tout l'été.

C – La visée didactique associée au ludique

Certaines morales sont très claires. Elles sont explicites et formulées de sorte que l'enfant puisse les mémoriser. Elles sont souvent écrites en vers, la musicalité est un bon procédé mnémotechnique pour les enfants. Exemple : Perrault, Contes de ma mère l'Oye (1697) "Cendrillon" -> le conteur fait suivre son récit en prose d'une moralité qui comporte ces deux vers : "La bonne grâce est le vrai don des Fées ;/ Sans elle on ne peut rien, avec elle, on peut tout." Il entend par là que la gentillesse ouvre toutes les portes.

II – Cependant, l'apologue est plus difficile à comprendre qu'il n'y paraît

A – La complexité du récit

Le choix du registre merveilleux n'est pas motivé uniquement par le plaisir du lecteur. Il s'agit aussi de dissimuler une critique de ses contemporains grâce à des personnages symboliques pour éviter la censure ou accentuer les défauts humains. Seuls les adultes peuvent donc discerner derrière les traits des animaux les véritables cibles des auteurs. Voltaire précise dans l'épître dédicatoire à Zadig (1748) que son conte philosophique est un "ouvrage qui dit plus qu'il ne semble dire". Exemple : La Fontaine, Fables (1678), "Les Animaux malades de la peste" -> Le lion, appelé couramment le "roi des animaux", représente Louis XIV, le renard et le loup peuvent incarner ses courtisans, l'âne symbolise le peuple, qui est toujours victime des puissants.

B – La vision pessimiste

L'apologue est souvent le reflet d'une réalité qui est difficile à accepter. L'enfant avec son innocence et sa naïveté ne voit pas le monde tel qu'il est. L'écrivain donne même parfois une vision pessimiste de l'existence. Exemple : Voltaire, Candide (1759), chapitre III, "Comment Candide se sauva des Bulgares, et ce qu'il devint" -> Le philosophe raconte une bataille qu'il qualifie de "boucherie héroïque" dont le bilan sera de seize mille morts.

C – Le côté immoral

Les enfants ont tendance à prendre le parti du vainqueur, ils passent alors à côté de la leçon transmise par l'apologue. Rousseau critique ainsi les Fables de La Fontaine dans Émile, ou De l'éducation (1762) : "La morale en est tellement mêlée et si disproportionnée à leur âge, qu'elle les porterait plus au vice qu'à la vertu." Exemple : La Fontaine, Fables (1668), "Le Loup et l'Agneau" -> Malgré ses arguments et son innocence, l'agneau est dévoré par le loup, car "La raison du plus fort est toujours la meilleure", comme le précise le premier vers. Mais l'auteur veut dénoncer cet état de fait en le constatant et non inciter les lecteurs à exercer la loi du talion.

Conclusion

Les apologues ne sont donc pas réellement destinés aux enfants, comme on pourrait le croire au premier abord. En effet, ces récits qui mettent en scène des êtres irréels divertissent leurs lecteurs. Pourtant, l'enjeu dépasse les capacités de compréhension des enfants tant par l'aspect symbolique, voire allégorique, des personnages que par la vision pessimiste et immorale de certains textes. Les fabulistes du XXe siècle, comme Queneau ou Anouilh, accentuent encore la difficulté pour de jeunes lecteurs. Leurs parodies ne sont accessibles qu'à condition de connaître les fables classiques dont ils s'inspirent.

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